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L’HISTOIRE COMPARÉE DES RELIGIONS : BUT ET MÉTHODES

Gérard Capdeville

Résumé


Les croyances religieuses et les rites des peuples de la terre témoignent à travers le temps et l’espace de ressemblances à des niveaux divers, qui incitent les chercheurs à faire des rapprochements dans le but de définir des éléments de structure présents dans un grand nombre de religions : déesse-mère, dieux du ciel, espace sacré, prière, sacrifice ... — Mais à côté de ce comparatisme « encyclopédique », dont Mircea Eliade a été un des grands maîtres, et qui est bien représenté par son Traité d’histoire des religions, on peut aussi utiliser le comparatisme pour mieux comprendre une religion particulière, grâce à l’éclairage que d’autres peuvent procurer. Georges Dumézil a particulièrement illustré la fécondité de cette démarche dans le domaine des religions indo-européennes : dans la mesure où la linguistique a prouvé la parenté originelle de la plupart des populations vivant de l’Inde à l’Europe occidentale, il est légitime de penser qu’elles partagent aussi un même héritage en matière d’idéologie religieuse. Et de fait, le savant français a mis en lumière des structures de pensée communes, dont l’axe principal est la tripartition des fonctions sociales (fonctions souveraine, guerrière, économique), mais qui comportent aussi beaucoup d’axes secondaires. Il en est résulté bien des progrès dans l’analyse des religions particulières de l’Inde, de Rome, de la Scandinavie ... — Toutefois la parenté linguistique – et en quelque sorte généalogique – n’est pas la seule à pouvoir justifier le comparatisme. S’il faut se garder de rapprochements trop audacieux – parce que trop éloignés dans le temps et dans l’espace – on peut prendre en considération des populations géographiquement voisines et au moins en partie contemporaines : ainsi les Étrusques et les Romains ont- ils échangé entre eux beaucoup d’éléments, ce qui permet de compenser les lacunes de la documentation sur les premiers à partir de ce que nous savons sur les seconds ; et il en est de même, plus anciennement, pour les populations égéennes – comme les Minoens de Crète – vis à vis des nouveaux venus Hellènes. — Ces diverses formes de comparatisme ne sont pas exclusives l’une de l’autre ; également légitimes, elles concourent ensemble à éclairer ce chapitre essentiel de l’évolution de l’esprit humain qu’est l’histoire des religions. 


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